Islande : à la découverte de ses majestueux glaciers

Troisième et dernier récit de notre road trip en Islande. Après Reykjavik, le fjord Hvalfjordur, la péninsule de Snaefellsness, et le Cercle d’Or, cap au sud pour y découvrir la splendeur des glaciers islandais. Ils sont plutôt vite trouvés : nous traversons des plaines à perte de vue, des étendues d’ocre et de vert, parfois des rochers sont posés çà et là. Et bim un glacier, sans qu’on s’y attende vraiment. 

Je me souviens m’être dit, alors que je distinguais au loin, « mais c’est quoi ce truc qui a l’air gigantesque là-bas ? ». Après avoir compris que c’était un glacier, mes yeux ne le quittait plus. Je n’avais qu’une envie, être au plus près.
Mais avant, on avait entendu parler de quelques cascades dans le coin. Le temps n’était pas de la partie, et autant dire qu’on a vite été trempé, entre pluie et cascade. La Seljalandsfoss est assez impressionnante, d’autant plus que vous pouvez en faire le tour – à vos risques et périls, prévoyez des vêtements de rechange. Mais attendez avant de vous changer : un peu plus loin, on peut apercevoir dans une cavité la chute Gjulfrafoss – pour les plus téméraires, vous pouvez vous faufiler par un étroit défilé. Par 0 degrés, vous l’aurez compris, on a admiré ces chutes à plusieurs mètres de distance.

Glacier, faisons un peu plus connaissance… 

Nous avions réservé, quelques jours avant d’atterrir en Islande, une randonnée au Sólheimajökull, une des langues du Mýrdalsjökull, un des plus grands glaciers d’Europe. Equipés de crampons, harnais, d’un casque et d’un piolet, nous sommes partis trois heures à la découverte des crevasses formées par la glace et des sommets volcaniques non loin de là. D’un jour à l’autre, les formations de glace laissent apparaître un glacier complètement différent. 

Ce n’est qu’en faisant cette randonnée que je me suis demandée si cette activité n’avait pas un impact sur le recul des glaciers. Réponse trouvée auprès de la guide qui m’affirmait que cela n’avait qu’un impact infime en comparaison du réchauffement climatique, et c’était justement un moyen de sensibiliser les touristes à ces changements. Je suis assez sceptique quant à cette réponse, mais elle n’a pas manqué de nous expliquer le recul énorme du Sólheimajökull.
Quelques chiffres : « En 1996, le Sólheimajökull a reculé de 3 mètres. En 1997, il s’est retiré de 10 mètres supplémentaires, et en 1998 de 30 mètres. Depuis, chaque année, il recule un peu plus. Il a ainsi perdu 92 mètres en 2000 et 85 mètres en 2004 », Courrier international.
« Le Solheimajokull, en Islande a reculé d’environ 625 mètres entre 2007 et 2015 », Science Post.
« Entre 1931 et 2011, cette langue glaciaire de 15 km a reculé de 1,2 kilomètre », Sciences et Avenir.
Et je pense que l’effondrement d’une partie du Breidamerkujokull, le 31 mars dernier, est encore plus parlant.

L’Islande manifeste clairement les conséquences du changement climatique, ce qui a le don de bien remettre les points sur les i et d’achever de convaincre les plus sceptiques. 

Après cette randonnée pleine d’apprentissages, nous mettons le cap sur Vik, la ville la plus pluvieuse d’Islande – 90% du temps. Nous avons cru être épargnés, mais au bout de deux heures la nature a repris ses droits. Nous avons profité de cette accalmie pour nous balader sur la célèbre plage de sable noir : Svarta Fjara. Entourée d’orgues basaltiques et amenant un peu plus loin à des aiguilles rocheuses noires, l’endroit est sublime, surtout au coucher du soleil. Le contraste entre le sable et la roche noirs, l’eau bleu, et le ciel aux touches orangées est superbe. Une fin de journée parfaite, face à cette immensité de l’océan et ce paysage apaisant et émouvant. 

Deuxième randonnée au parc de Skaftafell

Le parc de Skaftafell est situé au pied du plus grand glacier d’Islande : le Vatnajökull. Il ne fait pas moins de 8 400 km2, et la glace peut atteindre jusqu’à 1km d’épaisseur ! Le parc n’a rien à lui envier, puisqu’il est le plus grand parc national d’Europe avec ses 15 000 km2. Alors, forcément, côté randos il y a de quoi faire ! 

Le temps n’était vraiment pas clément ce matin-là. Mais par chance, il s’est calmé alors que nous entamons une randonnée de 8 km, pour atteindre l’un des points les plus hauts nous permettant d’admirer une langue glaciaire du Vatnajökull. 
Qu’est-ce que j’aime randonner en ayant l’impression d’être au milieu de nulle part, d’être seuls au monde ! Là où le chemin est à peine tracé, où seuls des bâtons de bois nous guident. Un chemin qui nous offre, en sa destination, un panorama incroyable sur le glacier, malgré le brouillard, une fine pluie et le vent qui y règnent. Ceux-là n’entameront pas notre bonheur d’être ici. 
La descente est plus aventureuse, couverte de boue, qui nous fait parfois jouer les équilibristes, entre rires et insanités. 

Plus tard, nous entamons une nouvelle marche pour voir le glacier de plus près. Un paysage lunaire nous attend, entre le sol noir et la glace blanche, transparente et teintée de bleu. Je m’y assieds un bon moment, peu importe la pluie, pour l’admirer et le photographier un maximum de mes propres yeux. 

La magie du lac Jökulsarlon

Je pense que c’est l’une des plus belles choses qu’il m’ait été donné de voir. Le lac Jökulsarlon est un lac constellé de glaces, parsemé d’icebergs, au pied d’une langue du glacier Vatnajökull. On lui doit ce lac, de par sa régression depuis près de 90 ans. 

Pour profiter de cette merveille de la nature, éloignez-vous de l’afflux touristique, qui a tendance à rester aux abords du lac, entre cris de joie et selfies. 
Parcourez la rive est, pendant 1h, 2h, 3h ou plus si le cœur vous en dit. De notre côté, nous sommes partis à la découverte du lac pendant 2h30, jusqu’à ce qu’une mini tempête de neige nous rattrape. 

Le Jökulsarlon offre un panorama incroyable où seul le craquement des glaces résonne, parfois sous le poids de certains phoques aventureux qui nous ont laissés gagas. 
Calme, sérénité, pureté… j’aurais aimé y rester des heures, si ce temps menaçant n’avait pas fini par céder. 

Je ne crois pas que l’on puisse en faire le tour par la marche, vous seriez certainement bloqués par le glacier. Mais marchez le plus longtemps possible, au petit matin ou au soleil couchant, où le spectacle doit être encore plus grisant. 

Quoi de mieux que cet endroit pour finir un tel séjour ? Peut-être le spectacle de rennes dans les plaines, l’avant-dernier jour lorsque l’on a poussé vers l’Est.
Peut-être une aurore boréale, tant attendue. Le jour suivant, nous avons progressivement remonté la route vers Reykjavik, nous arrêtant à quelques endroits que nous n’avions pas eu le temps de faire, ou que nous avons adoré, comme le lac. Nous avons fait un stop à Hvolsvöllur pour une dernière nuit dans les plaines encore enneigées d’Islande. C’est à 22h que la propriétaire de l’hôtel nous a prévenus qu’une mini aurore boréale pointait le bout de son nez. Peu visible à l’œil nu, nous avons tout de même vu l’aurore danser entre les nuages. L’appareil photo aura capturé cet instant, révélant ses plus belles couleurs. 

Où loger : 

  • A Höfn : j’ai adoré séjourner au Seljavellir Guesthouse, un aspect motel de l’extérieur et des chambres dont la déco est à tomber ! Qu’est-ce qu’on s’y sentait bien ! 
  • A Hvolsvöllur : rendez-vous à l’Aurora Lodge Hôtel pour flâner au coin du feu, avec une vue imprenable sur les terres islandaises, ou on profite du jacuzzi dehors.

L’Islande est l’un de mes plus beaux voyages. La nature à couper le souffle, les plaines ocres et vertes vêtues de blanc, laissant entrevoir çà et là des reliquats magmatiques noirs, les glaciers majestueux, les paysages lunaires et polaires, le sable noir, le ciel mouvant, les cascades témoignant du printemps qui arrive, m’ont laissée bouche-bée. L’Islande m’a donné le goût des voyages au froid, et plusieurs pays ou régions comme le nord de la Norvège et de la Suède me font envie. 
J’aimerais néanmoins revenir en Islande l’été, pour voir de nouvelles couleurs, découvrir de nouveaux sentiers de randonnée, prendre le temps en bord de mer et explorer le nord. 

Je dois dire que je me suis largement appuyée sur l’auto tour proposé par Guide to Iceland, sur les conseils, dans un premier temps, de Carnets de traverse, puis dans un second temps d’Emilie, de l’agence de voyage. Même si nous n’avons pas opté pour l’auto tour, nous avons néanmoins réservé notre voiture et notre randonnée sur le glacier, via le site. Vous y trouverez de nombreux conseils, itinéraires et prix plutôt intéressants.

J’espère que ces différents récits de voyage vous auront plus et vous aideron si l’envie vous prend d’aller en Islande ! 

A très vite, pour de nouvelles aventures, certainement plus ensoleillées ! 

Panorama Islande

Comments (2)

  • Avatar

    Camille Delz

    Magnifiques photos <3

  • Avatar

    Apolline

    Merci beaucoup Camille ! <3

Leave a comment