Quelles matières textiles privilégier pour une garde-robe écoresponsable ? Décryptage !

Je vous propose un article quelque peu scolaire, que j’ai longtemps hésité à faire, n’étant pas une experte en la matière (textile) (pardonnez ce jeu de mots). Et puis, je me suis dit que cela me permettrait d’apprendre par la même occasion ! 
Les matières textiles sont l’un des éléments de la durabilité d’un vêtement. Pour qui souhaite s’orienter vers une consommation plus responsable côté garde-robe, il est important de savoir décrypter la composition des vêtements. Malheureusement, cela peut vite donner le tournis et apparaître assez compliqué à leur lecture. Cependant, c’est comme pour la composition d’un produit alimentaire : moins il y a d’ingrédients, mieux c’est ! 
Il existe trois grandes catégories de fibres : les matières naturelles, les matières artificielles et les matières synthétiques. Passons-les en revue !

Décryptage des matières textiles pour une garde-robe écoresponsable

Les matières naturelles

Les fibres naturelles, comme le nom l’indique, sont issues de la nature : soit des végétaux, soit des animaux. Elles sont parfois produites à partir de minéraux.

Les fibres animales

  • La laine

La laine est une matière respirante : elle absorbe l’humidité pour la rejeter et évacue la vapeur naturelle du corps. Ainsi, elle ne retient d’ailleurs que très peu d’odeurs. En emprisonnant l’air, elle a également un pouvoir isolant. 
Il existe plusieurs types de laine : la laine vierge, le mohair (issu des poils de chèvres), l’angora (à partir des poils du lapin du même nom), le cachemire (issu de chèvres du Cachemire en Inde), le mérinos (qui est le nom de race d’un mouton), l’alpaga (le fameux lama d’Amérique du Sud) et la laine shetland (des moutons du Nord de l’Ecosse).

  • La soie

La soie est le résultat de la sécrétion du ver à soie. Bien souvent utilisée pour la fabrication de vêtements élégants et légers, elle a des propriétés thermorégulantes. Malheureusement, elle est bien souvent traitée à base de pesticides et transformée via des procédés toxiques. 

  • Le cuir

Le cuir est tout bonnement de la peau d’animal tanné : vache, autruche et parfois poisson. Si vous souhaitez toujours opter pour le cuir, de qualité, pour vos vestes, sacs et chaussures, essayez de privilégier le tannage végétal (bien souvent les marques éthiques sont transparentes sur le procédé). 

Les fibres végétales

  • Le coton 

Le coton est extrait du fruit du cotonnier, cultivé majoritairement en zone subtropicale. Cette matière, la plus utilisée dans notre garde-robe, a des propriétés intéressantes : elle est hydrophile (c’est-à-dire qu’elle absorbe l’eau), et hypoallergénique. Par contre, elle a un pouvoir isolant assez limité. 
Sa culture représente un quart de la production mondiale des fibres textiles. La grande consommation d’eau qu’elle nécessite, les pesticides utilisés, le blanchiment et les teintures aux métaux lourds appliqués en font l’une des cultures les plus polluantes. Certes peu chère, facile d’entretien, aux nombreuses transformations possibles, mais très polluante. Mieux vaut donc privilégier le coton bio (type certifié Oeko Tex par exemple) !

  • Le lin

L’une des matières textiles les plus éco-friendly, le lin est issu de la tige du même nom, très largement cultivé en Europe, et notamment en France. Il a d’ailleurs un taux de rendement supérieur au coton ! 
Le lin est plus qu’appréciable pour ses propriétés thermorégulantes : cette fibre aide à réguler la chaleur du corps, et apporte ainsi la fraîcheur en été et la chaleur en hiver. 

  • Le chanvre 

La tige de chanvre est cultivée dans les mêmes zones que le lin. Elle est extrêmement résistante et sa culture ne demande que peu d’irrigation et d’énergie. Tout comme le lin, le chanvre est une excellente alternative au coton ! 

  • La jute

A contrario, la tige de jute est cultivée majoritairement en zone tropicale. Sa toile en fait une matière idéale pour les chaussures et les sacs. 
Info de dernière minute, non négligeable : la culture du jute améliore la fertilité des sols et relâche 11 tonnes d’oxygène par hectare !

  • Le bananier

Oui, je viens aussi de découvrir cette fibre à l’instant ! Elle est extraite du tronc, notamment produite au Népal et en Inde.

  • Le sisal 

Le sisal, très résistant et que l’on retrouve le plus souvent sous forme de cordage, est extrait des feuilles de l’arbre Agave sisalana, que l’on trouve dans l’est du Mexique.  

  • Le liège 

Issu des écorces du chêne-liège que l’on trouve en région méditerranée, le liège est une bonne alternative au cuir. 100% naturelle, cette matière est recyclable et durable. Elle est également imperméable, isolante et hypoallergénique.

Les matières artificielles

Les matières textiles artificielles sont confectionnées à base de molécules naturelles, traitées chimiquement.

  • La viscose

La viscose est très largement utilisée dans l’industrie de la mode, pour réaliser des robes ou blouses par exemple. Ce sont les écorces de bois (pin, bambou, soja, bouleau…) qui en sont à l’origine. Les traitements sont souvent très chimiques…

  • Le modal

Quasiment la même matière que son compère précédent, mais cette fois-ci le modal est issu du hêtre.

  • Lyocell (ou Tencel)

Le lyocell est l’alternative écologique de la viscose. Un, car sa production a besoin de beaucoup moins d’eau que celle du coton. Deux, car c’est une fibre biodégradable, produite à partir de pulpe de bois, tel que l’eucalyptus, dont le mélange est dissout dans un solvant organique recyclable. Trois, le bois utilisé vient d’exploitations forestières labellisées FSC (Forest Stewardship Council, pour une gestion durable des forêts) ou PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières, pour une gestion durable des forêts).
Il s’agit donc d’une matière artificielle à privilégier largement.

  • Seacell

J’ai découvert cette matière sur le site de la marque TwoThirds, lors d’une commande passée il y a quelques mois. Elle est produite à base de Tencel et d’algues cultivées de manière durable (on ne récolte pas plus d’algues qu’on ne peut en générer).

  • Lanital

Le lanital est réalisé à base de protéines de lait. Mais, il n’est pas très utilisé, en tout cas, je n’en ai jamais vu. Je serai curieuse de savoir si vous avez des vêtements à base de lanital. 

Les matières synthétiques

Les matières synthétiques sont conçues à base d’hydrocarbures (aka issues de l’industrie pétrolière), ou d’amidon, fabriquées par réaction chimique. D’ailleurs, ce sont bien souvent les mêmes procédés chimiques que ceux pour fabriquer des objets en plastique. 

Parmi ces matières synthétiques, vous retrouvez le polyester, le polyamide, le nylon, l’acrylique, le kevlar, le polyacrylique, le lycra, l’élasthanne, ou encore le lurex, et également le simili cuir (alternative au cuir, conçu à base de coton, polyester et polyuréthane).

Clairement, les fibres synthétiques, utilisées pour l’aspect esthétique, coûtent moins cher à produire, d’où le fait que l’on en trouve beaucoup. Et bien sûr, cela réduit considérablement la qualité du vêtement (faut pas pousser). 

Le vêtement respire très peu, donc cela vous fait beaucoup transpirer. D’autant plus que ces matières textiles retiennent les odeurs, et doivent donc en conséquence être lavés plus fréquemment. 

Dois-je vous préciser, de par leur origine (hydrocarbures), qu’on y retrouve nos amis les perturbateurs endocriniens et qu’il se pourrait que le risque de cancer ne soit pas anodin ?

Outre la santé, le second impact concerne l’environnement, puisque la production de fibres synthétiques provoque des émissions de gaz à effet de serre. 

Par contre, il faut bien reconnaître que ces matières textiles sont efficaces quand il s’agit de concevoir des vêtements techniques (types parkas d’hiver ou vêtements de sport) dans un but de performance.  

Décryptage des matières textiles pour une garde-robe écoresponsable

Alors on fait quoi ?

Vous savez dorénavant à peu près tout sur les différentes matières textiles existantes. J’ai moi-même beaucoup appris en faisant ces recherches.

Privilégiez les matières naturelles, ayant des labels environnementaux. Côté matières artificielles, orientez-vous vers le Lyocell. Ces deux types de matières auront d’ailleurs un meilleur tombé que les synthétiques.

Mais la matière ne fait pas tout ! Les procédés de fabrication tels que les traitements opérés et techniques de tissage sont importants à considérer. Il est également nécessaire de prendre en compte le facteur humain, pour une production éthique.

N’hésitez pas à vous tourner vers les matières textiles recyclées (le 100% polyester peut être recyclé), qui se pratique de plus en plus. 
Et bien sûr, les vêtements de seconde main seront toujours la meilleure option, car ils ne nécessitent aucune nouvelle fabrication. 

J’espère que cet article vous a plu, et vous a été utile. N’hésitez pas à compléter, faire des remarques, j’apprends en même temps que vous et je peux avoir oublié des choses. 

Je me suis appuyée sur plusieurs sources pour réaliser cet article. Pour creuser un peu plus votre réflexion, je vous invite à les lire :

Comments (4)

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    Sofia

    Bonjour! Un très bon article qui permet d’y voir clair! Je m’autorise la précision suivante: le label oeko tex est un label «santé», pour les labels bio, il y a tout et n’importe quoi, j’avais trouvé cet article de consoglobe plutôt utile pour s’y retrouver: https://www.consoglobe.com/coton-equitable-nouvel-blanc-1528-cg. Et il existe une alternative vegane au cuir: le piñatex qui est un «cuir» d’ananas! https://positivr.fr/pinatex-cuir-ananas/

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    Sophie

    Je trouve super ton article ! Ca me fait tellement plaisir de pouvoir lire un aussi bon récap’ 🙂 Merci !

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    Apolline

    Bonjour Sofia, merci pour ton commentaire, ravie que cela te plaise ! Merci aussi pour ces deux précisions, je m’empresse de lire l’article de ConsoGlobe. J’avais entendu parler du cuir d’ananas, mais je l’ai complètement oublié !

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    Apolline

    Merci beaucoup Sophie ! C’est adorable !

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